Le Blog de Clementine

Palo Alto, Silicon Valley, San Francisco

Aujourd’hui, 5 septembre 2006, marque le 113e anniversaire de la première rentrée des classes de l’école primaire de Palo Alto.

Des familles ont commencé à s’installer dans la région de Palo Alto vers la fin du XIXe siècle, environ en 1890.

La première école primaire s’est établie en 1893, sur ce qui est maintenant Bryant Street, entre University Avenue et Hamilton Avenue. Le bâtiment n’a pas survécu les années et les intempéries.

img_7076.jpg

Sur le bâtiment plus moderne qui est situé sur le site de l’ancienne école, une plaque commémore la fondation de l’école.

Cette plaque dit que le School District (circonscription académique) de Palo Alto fut établi le 20 mars 1893. On bâtit en quatre jours un édifice qui comprenait deux pièces, pour servir d’école. La construction fut effectuée par des charpentiers et des menuisiers volontaires. La nouvelle école ouvrit à la rentrée scolaire de 1893 – exactement, le 5 septembre 1893 – avec 70 élèves.

Ci-dessous la bâtisse qui est située à l’emplacement de l’ancienne école de Palo Alto.

img_7078.jpg

img_7083.jpg

Bryant Street est maintenant une des rues chics de la ville, avec plusieurs galeries d’art et des magasins d’article de mode.

Hier j’ai parlé de l’art dans les galeries. Ce n’est pas la seule forme d’art que l’on puisse voir à Palo Alto. Il y a aussi, par exemple, l’art que l’on rencontre à un coin de rue.

img_7096.jpg

La ville de Palo Alto a lancé un programme de mécénat, dans lequel elle subventionne des artistes pour qu’ils décorent les rues.

Sur cette photo, on voit comment on peut transformer un objet banal que l’on trouve au coin d’une rue en un “tableauâ€? (ou, en fait une série de petits tableaux) unique. Cette borne est au coin de Bryant Street et Hamilton Avenue.

img_7097.jpg

Ici, il s’agit d’une borne qui sert à gérer les mécanismes qui déclenchent les changements de feux de circulation. L’artiste a créé, sur chaque face de la borne, une série de petits dessins pour raconter l’histoire de Boucles d’Or, et de sa visite chez les ours.

img_7098.jpg

Voici les faces de la borne, vues de plus près.

img_7095.jpg

L’artiste a profité de la petite histoire pour enfants pour faire une lecon sur la conservation de l’énergie, le cafleutrage des fenetres, et l’utilisation communautaire des véhicules (le “car pool”) pour économiser le carburant.

A Palo Alto, de nombreuses galeries exposent les oeuvres d’artistes locaux, ou venus d’ailleurs. Beaucoup d’oeuvres sont intéressantes, ou fascinantes.  Il y a aussi quelques croûtes  🙂  Tout dépend du talent ou de la connaissance artistique du directeur de la galerie.

Ci-dessous des photos de deux galeries sur Bryant Street, entre University Avenue et Hamilton Avenue.

img_7094_2.jpg

img_7080.jpg

Mais l’art, surtout l’art contemporain, peut intimider ou rebuter. Pour rendre l’art accessible à tous, et faire connaître les talents qui n’ont pas encore place au musée, les galeries d’art de Palo Alto essaient d’aller à la rencontre des non-initiés.  Le premier vendredi du mois, les galeries sont ouvertes au public, de 18 heures à 21 heures, pour le “Palo Alto Artwalk” , pour faire connaître leurs nouvelles collections d’œuvres au public.
Une façon très civilisée de finir sa semaine de travail.  Aller de galerie en galerie, découvrir de nouvelles œuvres, et déchiffrer les messages et fantasmes de leurs auteurs.
Une vingtaine de galeries participent à la fête. Lors du “Palo Alto Artwalk” du premier vendredi du mois, très souvent le peintre ou sculpteur dont les oeuvres sont exposées dans une galerie est présent.  Cela permet de parler avec l’artiste, et de mieux comprendre les idées profondes, saugrenues, ou folles, qui ont été à la genèse de l’oeuvre.
Selon le niveau de la galerie, il y aura des petits-fours et du bon vin, ou bien tout simplement, quelques boissons fraîches.  Il y a souvent de la musique.  Parfois une galerie fait venir des musiciens, parfois, les musiciens prennent l’initiative et s’installent dans la rue, quelque part sur le circuit de la tournée des galeries.  Ils jouent de la musique de chambre classique, ou des chansons folk contemporaines.
Les rues sont animées. Les inconnus s’adressent la parole.  On partage les impressions.  On recommande une galerie particulièrement intéressante. La gaieté est contagieuse.
Le tout est bon enfant.  Pas d’intimidation.  Pas de techniques de vente agressives.  Juste une grande fête de village.  Simple.  Sans autre but que de mettre de l’animation dans la ville, en fournissant une qualité de vie peu courante.

Ce week-end, c’est Labor Day week-end. Un long week-end de trois jours ou l’on fête la fin de la saison chaude, et le début de l’été indien.

Sur University Avenue à Palo Alto, les magasins sont ouverts. Les gens font les vitrines.

img_0497.jpg

Les cafés sont pris d’assaut par les touristes et les locaux, venus se rafraichir entre deux emplettes.

img_0495.jpg

Il fait beau et bon. Le ciel est bleu sans nuage. Un parfait week-end de rentrée des classes.

La saison du crabe vient de commencer. On les pêche au large de Half Moon Bay, un village de pécheurs au bord du Pacifique à 30 kilomètres à l’ouest de Palo Alto à vol d’oiseau. On peut acheter les crabes vivants au marche comme celui-ci.

cimg0018.jpg

Mais c’est encore plus simple des les prendre tout cuits. Ils sont cuits en mer, tout de suite après avoir été pêchés. ils sont ensuite rangés dans de la glace pilée, puis livrés aux supermarchés dans les quelques jours qui suivent. On peut choisir son crabe, et le poissonnier le nettoie, et craque la carapace dure. Il ne reste plus qu’à préparer une bonne mayonnaise et c’est prêt.

Ramona Street, entre University Avenue et Hamilton Avenue, à Palo Alto, est bordée de petits immeubles de deux étages, de style espagnol. En fait, ce style est connu sous le nom du “Palo Alto Style” car il est unique à Palo Alto. Même si l’inspiration est en général espagnole ou mexicaine, il y a d’autres influences.img_0417.jpg

Dans un recoin de l’un de ces petits immeubles, il y a une petite cour calme et fraiche. C’est une oasis de fraîcheur, surtout en plein midi, quand le soleil est haut et tape fort. Les pots de fleurs sont alignés avec charme, et rendent l’espace très accueillant.

img_0418.jpg

Ce blog est dédié à Clémentine, Enedine, François et Léon, mes grands-parents qui n’ont pu voyager que dans leur imagination. J’ai la chance de vivre au coeur d’une région magnifique au sud de San Francisco. Je voudrais partager avec eux ces merveilles qu’ils n’ont jamais pu voir.

A 50 ans, Clémentine n’avait encore jamais vu la mer. Elle habitait dans un village du Sud de la France, à 30 kilomètres à vol d’oiseau de la Méditerranée. Mais en 1950, les voitures étaient rares. Clémentine était pauvre, et travaillait dur à la vigne. Elle n’avait jamais eu le temps ou l’occasion d’aller voir la mer.

Papy Léon était vigneron. Pour se déplacer, il n’avait ni calèche, ni voiture. Il montait à cheval. Pour aller à la ville voisine, à quelques kilomètres de là, il lui fallait des heures.

Enedine, elle, venait de Sardaigne. Elle savait à peine lire et écrire, et maîtrisait mal la grammaire française. Quant à François, son mari, c’était le plus aventurier de mes grands-parents. Il avait fait tous les metiers, et vu le monde, et surtout, il rêvait d’émigrer en Amérique.

J’ai vécu son rêve, et j’habite aux Etats-Unis depuis plus de 25 ans. J’ai eu la chance de pouvoir choisir de vivre au coeur de Silicon Valley. C’est une région fabuleuse. Je ne parle pas des Ebay, Google ou autres, qui sont nés ici, petites graines grandies dans les pépinières pour entrepreneurs. Je parle, tout simplement de la beauté unique de notre région.

Ah! si mes grands-parents pouvaient voir les merveilles auxquelles j’ai accès tous les jours, dans mon jardin, dans le parc derrière chez nous, et aux alentours.