Le Centre Commercial Stanford Shopping Center, dont j’ai déjà parlé, est en plein air. [Pour relire les autres articles sur Stanford, cliquer dans la colonne du milieu de ce blog, dans la partie Categories, sur “Stanford”].

Son plan a été concu pour former comme un village avec des rues. Comme tout village, il a son coin consacré à l’alimentation. Sa Place du Marché, en quelque sorte.

Une allée permet de quitter la partie boutiques de mode pour rejoindre cette Place du Marché ou se trouvent, par exemple, un boucher, un marchand de fruits et légumes, et un traiteur. Pour effectuer une transition harmonieuse et progressive entre les boutiques de mode et les services d’alimentation, et séparer les deux types de magasins, cette allée ne comporte des magasins que sur un coté. On passe graduellement des boutiques aux magasins d’alimentation. D’abord un marchand de journaux, puis un fleuriste, enfin un marchand de glaces, juste avant d’arriver au restaurant et au traiteur.

Sur l’autre façade de cette allée, il y a un très long mur sans magasins ni fenêtres. On y a créé un decor fictif, comme au theatre.

Sur cet immense mur, John Pugh, un artiste, a peint en 1989 un “mural” (je ne connais pas la traduction en français). C’est une très grande peinture murale de 55 mètres de long, et 20 ou 25 mètres de haut. Ce mural est censé representer une scène de la vie à Paris au XVIIIe siècle.

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Un mural est une peinture qui est faite directement sur le béton, sur la façade d’un immeuble, pour décorer un mur nu. En France, on utilisait cette même technique il y a 30 ou 50 dans pour les publicités. On peignait des publicités sur les cotes des immeubles. C’était avant que Jean Claude Decaux ne crée les abribus.

Peut-être est-ce en hommage à ces vieilles publicités, que l’artiste a reproduit sur son mural la publicité légendaire et bien connue “Dubo, du bon, Dubonnet… ” Mais l’aperitif Dubonnet était-il en vente déjà au XVIIIe siècle. Laissons à l’artiste John Hugh le soin de vérifier ses sources historiques.

Tout au bout, à droite de la photo, on voit des caddies de supermarché. Ceux-ci sont réels. Ils ne sont pas peints. C’est parce qu’ils sont utilisés dans les boutiques l’alimentation qui sont sur la Place du Marche au bout de l’allée.

Et bien sur, les gens empruntent l’allée ou se trouve ce mural. Le petit chien a un petit impermeable adorable.
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Au centre du mural, on voit un nom de rue. C’est la “rue du Chat qui pêche”.

Le nom de cette rue est très célèbre. Il y a en effet, à Paris une “rue du Chat qui pêche” dans le Ve arrondissement. Elle part du n°9 quai Saint-Michel et se termine à hauteur du n°12 de la rue de la Huchette. Elle a une longueur de 29 mètres. C’est la rue la plus étroite de la capitale, avec une largeur minimale de 1,80 mètres.

Selon certains, la rue du Chat qui pêche doit son nom insolite à une curieuse légende qui remonterait au XVIe siècle.

En 1540, la rue débouchait alors directement sur le lit de la Seine. D’abord rue des Étuves puis du Renard, ou encore rue des Bouticles, ou rue Neuve des Lavandières elle reçut ensuite son nom actuel.

A cette époque, un chanoine nommé Dom Perlet se livrait ici à l’alchimie en compagnie d’un chat noir habile à extraire d’un coup de patte les poissons de la Seine qui coulait à proximité.

Trois étudiants, certains que l’ecclésiastique et le chat ne faisaient qu’un – et qu’il était le diable, en fait – guettèrent le pauvre matou, le tuèrent et le jetèrent dans le fleuve.

L’alchimiste disparut… pour reparaître un peu plus tard : il était parti en voyage !

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Quant au chat, il pêchait de nouveau paisiblement au bord de l’eau.

Les étudiants, arrêtés, furent pendus au gibet de Montfaucon à la suite d’une dénonciation. Et personne ne fut capable d’expliquer la résurrection du matou: l’affaire sentait le soufre.

Ainsi, la rue devint dès lors rue du Chat qui pêche.

John Pugh, sur son mural, n’a pas oublié de peindre le celèbre chat : -)